Tribune – Il nous faut une garde nationale ! (Par Jean Guisnel)

Depuis plusieurs mois, le groupe Janus réfléchit en toute discrétion à l’avenir des forces armées françaises. Il part du postulat, partagé par la plupart des cadres de l’institution militaire, selon lequel le nouveau quinquennat présidentiel sera marqué par une réduction significative du format des armées. Ce qui ne lui pose pas de problème majeur, dès lors que Janus évoque « l’adaptation nécessaire et envisageable de l’outil militaire ».

Ce groupe est composé de militaires en activité ou non de toutes les armées, renforcé par des chercheurs, et réfléchit en dehors de toute orientation hiérarchique et de tout parti politique. Ceci se comprend d’ailleurs à travers ses propositions, dont celle emblématique de leur projet, portant sur la création d’une garde nationale. Cette mesure est particulièrement en prise avec l’actualité, puisque la mise en place du plan Vigipirate écarlate va contraindre les armées à déployer de nouveaux effectifs dans les villes françaises. Le groupe Janus a pris contact avec nous, et nous connaissons plusieurs de ses membres. Il nous a paru utile de publier le texte qu’il nous a remis. Seuls les intertitres sont de la rédaction.

Voici la tribune du groupe JANUS

Dans un contexte de renouvellement politique, de refonte du Livre blanc de la défense, de crise économique, mais aussi de réformes et de transformation de l’outil militaire, il peut sembler utile pour tous de prendre part au débat citoyen et d’apporter un avis. En tout état de cause, 15 ans après le début de la professionnalisation des armées, il apparaît nécessaire de prendre en compte les aspirations de la jeunesse à l’effort collectif et à la solidarité, tout en travaillant sur les cohérences géographique et organique du système de défense.

Cette professionnalisation, globalement réussie, a réellement initialisé l’interarmisation du commandement et du soutien, la rationalisation des circuits de commandement et logistique. L’armée s’est modernisée en tenant compte des besoins nouveaux dans le renseignement, le spatial, les appuis robotisés tout en développant les aptitudes préexistantes indispensables.

Trois armées réduites

Les axes de réflexion de Janus visent à prendre en compte la baisse inéluctable des budgets avec en cible une armée française à l’effectif inférieur à 180 000 personnes renforcée d’une garde nationale (GN) de 75 000 hommes. Les armées devront donc amplifier les réformes en cours pour mettre en oeuvre ce grand projet.
La marine nationale pourrait voir une partie de ses missions passer à la GN tout en réfléchissant aux coûts représentés par 4 SNLE. L’armée de l’air serait limitée à 6 plateformes aériennes (en dehors de l’outre-mer) et verrait, comme la marine, une partie de ses missions passer à la garde nationale. Une réflexion sur la composante nucléaire aérienne peut être envisagée. Les gains en effectifs peuvent s’évaluer à 10 000 hommes.

L’armée de terre appuyée et soutenue par une force d’appui et une brigade logistique de 7 500 hommes chacune reste articulée autour de huit brigades interarmes et d’une brigade de forces spéciales (5 500 hommes pour chaque brigade en maintenant la capacité infanterie). 70 000 hommes constitueront le socle opérationnel de cette force terrestre. Un effectif de 100 000 hommes pour l’armée de terre semble être une cible raisonnable compte tenu du contexte. Le personnel détaché dans des administrations sera strictement contraint.

Un projet de garde nationale

À côté des trois armées, une garde nationale interarmée de 75 000 hommes relevant de l’état-major des armées pourrait monter en puissance.
Les objectifs de cette création sont multiples et visent à répondre à la demande des jeunes Français volontaires pour des actions au profit de la collectivité, à valoriser ce volontariat, à compenser les pertes en effectifs des armées, à avoir une organisation et les forces effectives pour de nouvelles missions comme la protection civile (catastrophes naturelles, accident nucléaire, etc.), les actions humanitaires de tous types, l’assistance aux forces de sécurité en cas d’événements importants, la mission Vigipirate mais aussi la présence dans les banlieues, la formation des jeunes et la participation à la chaîne de reconversion. Éventuellement, cette force pourra être considérée comme un vivier de forces disponibles pour des opérations militaires.

La GN devrait monter progressivement à un effectif de 75 000 hommes et femmes se répartissant en personnels issus des armées (15 000 personnes) et gardes nationaux….

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Cette publication a un commentaire

  1. Domisoldo Diez

    L’éducation nationale, les affaires sociales et la sécurité civile existent déjà !

    La « sous-traitance » de tout et n’importe quoi avec éventuellement n’importe qui existe déjà, y compris hélas en opérations !

    Au fait, on les paye comment, ces gardes nationaux ? Avec une médaille à l’effigie de Chevènement ?

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