Les troupes françaises se retirent d’Afghanistan à un rythme soutenu, et jusqu’à présent sans incident majeur, avec pour objectif le désengagement de l’essentiel des soldats français mi-2013. Etat des lieux.
LE CALENDRIER DU RETRAIT SERA-T-IL RESPECTE ?
Mi-octobre, le nombre de soldats français en Afghanistan aura été ramené à 2.550, contre près de 4.000 un an auparavant. Les troupes françaises ont surtout évacué les zones en Kapisa et en Surobi, dans l’est du pays, où elles étaient les plus exposées et où elles ont perdu l’essentiel de leurs 88 hommes morts dans le pays depuis le début du déploiement de la force internationale, fin 2001.
Les soldats quittent l’aéroport de Kaboul par groupes de 200 plusieurs fois par semaine, à destination de Chypre où ils passent trois jours dans un hôtel en bord de mer pour décompresser avant de rentrer en France. Certains d’entre eux sont relevés par des unités plus particulièrement chargées de désengager le matériel.
Si le rythme est maintenu, il ne devrait plus rester que quelque 1.500 soldats français fin décembre en Afghanistan et 1.000 d’entre eux devraient rentrer avant l’été 2013. Quelque 500 personnes resteront après cette date, notamment pour des actions de formation. Conformément au calendrier fixé par François Hollande.
QUELLES SONT LES CONDITIONS DE SECURITE ?
Le chef de l’Etat s’est engagé à ce que le retrait se fasse « dans l’ordre et la sécurité ». De fait, les convois qui transportent les troupes et le matériel sont sous haute protection. Chaque opération bénéficie d’une imposante couverture aérienne et les convois sont en particulier précédés d’engins du génie conçus pour détecter ou faire exploser d’éventuels explosifs dissimulés par les insurgés.
Le « risque zéro » n’existe pas, rappellent toutefois les militaires et les Français ne sont pas à l’abri d’une action des insurgés, qui les prennent régulièrement pour cibles.
COMMENT EST RAPATRIE LE MATERIEL ACCUMULE EN ONZE ANS DE CONFLIT ?
L’armée ramène tout. En tous cas, l’ensemble de ses véhicules et de son matériel opérationnel. Selon l’état-major, plus de 400 véhicules, la plupart blindés, et plus de 300 conteneurs ont déjà été évacués depuis janvier. Quinze vols d’avions très gros porteurs Antonov ont permis de sortir 60 blindés et 15 conteneurs du pays au cours du seul mois de septembre. Mais le rythme s’est accéléré ces derniers jours, avec en moyenne deux vols gros porteurs par nuit.
En fonction de leur chargement, certains appareils peuvent rejoindre directement la France. Mais l’essentiel du matériel est transporté jusqu’à Abu Dhabi par voie aérienne, puis chargé à bord de navires affrétés pour rejoindre la métropole. Au total, plus de 600 blindés et 800 conteneurs doivent encore rentrer.
LES VOIES ROUTIERES ET FERROVIAIRE, MOINS COUTEUSES, SONT-ELLES ABANDONNEES ?
Deux autres voies, par le nord et le sud, sont possibles. Des accords ont été passés en juillet par la France avec les républiques du nord de l’Afghanistan – Tadjikistan, Ouzbekistan, Kazakstan – pour permettre l’acheminement du matériel par avion jusqu’à l’un de ces pays, puis par voie ferroviaire à travers la Russie. Mais leur mise en oeuvre bute encore sur des questions techniques, de taxes, de douanes ou de nature d’équipement. L’état-major des armées réclame l’ouverture de cette route le plus rapidement possible pour accélérer l’évacuation du matériel.
Le voie sud, par la route à travers le Pakistan, puis par voie maritime jusqu’en France, est ouverte. Mais le port de Karachi est embouteillé de milliers de conteneurs accumulés ces derniers mois, et le passage ne devrait pas être dégagé avant début 2013.
QUEL SERA LE COUT DU RETRAIT ?
Le coût global dépend en particulier du montant des contrats d’affrètement pour évacuer le matériel. « Cette année, j’estime qu’il sera équivalent au coût de notre présence. Autrement dit, les surcoûts Opex (Opérations extérieures) liés à l’Afghanistan resteront sensiblement équivalents », a estimé mi-juillet, le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale.
Les surcoûts liés aux opérations en Afghanistan ont été estimés ces dernières années à un peu moins de 500 millions d’euros par an.
AFP

