Guyane : les armes des soldats ne sont pas chargées (Par JEAN PIES)

EXCLUSIF. Les soldats membres de la mission de lutte contre l’orpaillage clandestin ont des fusils d’assaut… sans cartouches.

C’est un fait que la hiérarchie militaire se garde bien de divulguer. En mission de lutte contre l’orpaillage clandestin en Guyane, les soldats arborent des fusils d’assaut. Mais ils ne sont pas chargés. Seul l’officier qui les accompagne possède des cartouches qu’il peut distribuer à ses hommes en cas de nécessité. Les gendarmes qui composent ces mêmes missions ont, eux, des armes chargées.

Ce fait s’explique assez aisément. La Guyane est un département français. Et la France n’est pas en guerre. Ses soldats n’ont donc pas de raison d’avoir des armes chargées quand ils évoluent sur le territoire national. En revanche les gendarmes, même s’ils ont le statut de militaires, sont habilités à avoir des armes chargées. Le problème survient lorsque les gendarmes et les soldats qui luttent contre ce pillage de l’or guyanais se font tirer dessus. Comme hier, mercredi. Un hélicoptère des gendarmes a essuyé une première salve, au-dessus du site d’orpaillage clandestin de Dorlin, au sud-ouest du département, en pleine forêt amazonienne. Un gendarme a été blessé à la cuisse. Les soldats et les gendarmes ont répliqué en allant sur le terrain. C’est là que deux marsouins du 9e Rima (Régiment d’infanterie de marine) ont été tués, et deux gendarmes blessés.

« Far West »

Ce drame illustre une nouvelle fois le fléau chronique auquel est confronté ce département d’outre-mer, collé au nord du Brésil et grand comme un sixième de la France hexagonale. Des milliers degarimpeiros, des orpailleurs clandestins, oeuvrent en forêt et arrachent à la terre, dans des puits étroits à la chaleur infernale, une dizaine de tonnes d’or par an, selon le préfet cité par le quotidien local France-Guyane. Pour lutter contre….

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