COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’ADEFDROMIL
Un capitaine et un adjudant ont déposé plainte le 27 septembre 2011 contre X devant le tribunal aux armées de Paris pour atteintes involontaires à l’intégrité de la personne, à la suite de l’explosion de mines à proximité du camp de Darulaman en Afghanistan, le 22 novembre 2008. L’officier souffre de stress post traumatique et l’adjudant a subi l’amputation d’une jambe.
Ces deux plaintes font suite à celle déposée en juillet 2011 par l’adjudant P, démineur, victime d’un grave stress post traumatique, après avoir été témoin des faits. Il en ressort que les militaires victimes ont été envoyés en reconnaissance dans une zone dangereuse et interdite en vue de l’organisation d’un simple contrôle d’aptitude opérationnelle..
Le 22 novembre 2008, en Afghanistan, à proximité du camp de Duralaman, à 10 km environ de Kaboul, l’armée française a eu à déplorer un mort et un blessé grave à la suite de deux explosions dans un champ de mines soviétiques. Par la suite, un officier et un adjudant participant également à la mission, ont développé un syndrome de stress post-traumatique, appelé névrose de guerre.
Dans son communiqué daté du même jour, le Chef de l’Etat avait dénoncé : « le piège meurtrier par engin explosif tendu à une patrouille » et « condamné avec force les pratiques lâches et barbares des ennemis de la paix en Afghanistan ».
Or, selon les témoignages concordants recueillis par l’Adefdromil, ce mort et ces blessés résultent en fait de graves négligences et imprudences, susceptibles d’engager la responsabilité pénale d’officiers supérieurs.
Ainsi, après que toute activité sur le terrain où se sont produites les explosions, a été interdite par note de service, il a été néanmoins décidé, début novembre, d’organiser un contrôle d’aptitude opérationnelle sur ce même terrain, non dépollué et non reconnu.
Le détachement du Génie, a reçu, le 17 novembre, un ordre particulier de reconnaissance s’affranchissant de la consigne : Suite à la note de service du 23 octobre 2008, la zone au sud ouest du camp de DURALAMAN est interdite à toute activité. Le DUBS challenge sera organisé dans cette zone à compter du… C’est au cours de l’accomplissement de cette mission, que deux sous-officiers démineurs hautement qualifiés se sont retrouvés pris dans un champ de mines antipersonnel datant de la présence soviétique en Afghanistan.
A proximité de l’emplacement prévu pour un atelier, ils ont découvert des mines anti-personnel. Après avoir neutralisé deux engins, ils ont reçu l’ordre de regagner un chemin sûr. Lors du repli un sous-officier; l’adjudant W, a fait exploser une première mine et a perdu une jambe. L’autre sous-officier, l’adjudant REY, choqué par le souffle de l’explosion, s’est alors assis sur une autre mine antipersonnel non repérée. Son corps a été pulvérisé.
L’officier a parfaitement réagi et a pu faire évacuer le blessé dans un véhicule et lui a prodigué les premiers soins, lui sauvant ainsi la vie, selon les médecins.
L’enquête de commandement à laquelle ont pris part les officiers impliqués dans la violation de la consigne n’a débouché, à ce jour, sur aucune poursuite pénale.
Dans les jours et les mois qui ont suivi, l’officier, profondément choqué, isolé, laissé sans soutien psychologique, rabaissé professionnellement, a servi de bouc émissaire. L’officier a même été sanctionné, près d’un an après les faits, pour le protéger d’une « judiciarisation » à ce qu’on lui a dit. Ce comportement de la chaîne hiérarchique a eu pour effet d’amplifier le traumatisme vécu et de le culpabiliser.
Après la plainte déposée par l’adjudant P qui souffre d’une névrose de guerre reconnue imputable au service, l’officier, le capitaine C, qui souffre d’un stress post-traumatique important et l’adjudant W, qui a perdu une jambe, ont décidé de déposer plainte. Leurs familles respectives, victimes également de ces graves blessures ont décidé de se joindre à l’action.
Les plaignants et leur famille sont assistés par Maître Elodie Maumont, du cabinet MDMH, avocate au Barreau de Paris.
L’Adefdromil soutient cette démarche courageuse qui vise à établir la vérité sur la mort d’un sous- officier et les blessures graves infligées à quatre autres militaires.
Jacques Bessy
Président de l’Adefdromil
13/10/2011
Communiqué de presse Adefdromil du 13 octobre 2011 ![]()
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