L’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a publié son rapport annuel pour 2025. Hausse importante des signalements externes, maintien à un niveau élevé des alertes pour harcèlement moral et discriminations, enquêtes internes, audits et contrôle de l’accueil du public : ce rapport présente les principaux enjeux déontologiques auxquels la gendarmerie nationale demeure confrontée.
Plus de 5 000 signalements externes en 2025
En 2025, l’IGGN a reçu 5 193 signalements externes par l’intermédiaire de sa plateforme dédiée, soit une augmentation de 23 % par rapport à 2024.
Cette progression doit toutefois être interprétée avec prudence : 67 % de ces signalements n’ont pas entraîné d’action directe de l’IGGN. Certains correspondaient à des relances ou nécessitaient des éléments complémentaires, tandis que d’autres ne relevaient pas de sa compétence, notamment en raison de leur nature pénale, de la zone géographique concernée ou parce qu’ils contestaient simplement une infraction.
L’Inspection a également traité 43 dossiers transmis par le Défenseur des droits, contre 41 en 2024, ainsi que 9 dossiers émanant du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, contre 6 l’année précédente.
Harcèlement moral et discriminations au cœur des signalements internes
La plateforme interne « Stop-discri » a enregistré 248 signalements, soit une légère baisse de 2,7 % par rapport à 2024.
Après exclusion des demandes de conseil et des situations ne relevant pas du dispositif, les signalements concernent majoritairement des faits de harcèlement moral au travail et de discrimination.
Ces données ne signifient pas que les faits dénoncés ont tous été établis. Elles confirment néanmoins la persistance de difficultés internes et l’importance de dispositifs permettant aux personnels de signaler les comportements susceptibles de porter atteinte à leur dignité, à leurs conditions de travail ou au principe d’égalité.
Enquêtes internes, accueil du public et sanctions disciplinaires
En 2025, l’IGGN a initié :
- 58 enquêtes judiciaires, contre 85 en 2024 ;
- 34 enquêtes administratives, contre 35 en 2024 ;
- 99 audits, inspections, études et missions, en France comme à l’étranger ;
- l’évaluation de 431 unités sur les conditions d’accueil du public.
Le rapport comporte également un bilan des sanctions disciplinaires prononcées au sein de la gendarmerie. Pour l’année 2024, 3 690 sanctions ont été recensées, soit environ 3 % des militaires de la gendarmerie. L’IGGN rappelle qu’une sanction disciplinaire, même lorsqu’elle appartient au premier groupe, peut avoir une incidence sur le déroulement de la carrière du militaire concerné.
Une attention renforcée portée à la corruption et aux risques déontologiques
L’année 2025 a aussi été marquée par la création d’un groupe anticorruption au sein du détachement central du bureau des enquêtes judiciaires de Malakoff et par l’actualisation de la cartographie des risques liés à la corruption et aux atteintes à la probité.
L’IGGN poursuit parallèlement sa transformation numérique, notamment avec le déploiement de l’outil CITAR, destiné au contrôle interne des traces laissées sur les applications et les réseaux.
Madame Julie BERNIER, magistrate prend la tête de l’IGGN
Depuis le 1er août 2026, l’IGGN est dirigée par Madame Julie Bernier, magistrate et ancienne procureure de la République près le tribunal judiciaire de Troyes. Elle exerçait depuis 2025 les fonctions de conseillère justice auprès du directeur général de la gendarmerie nationale.
Elle succède au magistrat Jean-Michel Gentil, qui dirigeait l’Inspection depuis trois ans. Cette nomination confirme l’ouverture de la direction de l’IGGN à des profils issus de la magistrature, avec l’objectif affiché de renforcer l’indépendance, l’impartialité et la transparence du contrôle interne.
Sources : rapport annuel 2025 de l’IGGN et présentation officielle ; portrait de Julie Bernier par France 3.

