Afghanistan : une guerre pour rien (Par ARMIN AREFI)

Condition féminine, éradication des talibans, les onze années d’intervention militaire de l’Otan n’ont rien changé à l’Afghanistan.

« Le retrait d’Afghanistan, c’est maintenant. » C’est par cette phrase que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a signifié dimanche au Parisien le coup d’envoi du départ des troupes françaises d’Afghanistan. D’ici fin août, ils seront 650 soldats français à quitter le pays. Dès ce mardi 10 juillet, ce sont trois Mirage 200D qui se sont les premiers envolés de la ville de Kandahar pour rejoindre leur base de Nancy. Le 31 décembre 2012, c’est la totalité des 3 400 combattants français présents en Afghanistan qui seront rentrés en France.

Seules exceptions, des officiers chargés de la formation des forces afghanes, ainsi que de la responsabilité de l’aéroport militaire et de l’hôpital militaire de Kaboul. Ces derniers devront attendre la fin du mandat de l’Isaf (Force internationale d’assistance à la sécurité), c’est-à-dire la fin de l’année 2014, pour rejoindre la France. « Les Français peuvent être fiers du travail réalisé pendant onze ans par notre armée », s’est félicité le ministre de la Défense au Parisien. « Les objectifs que s’était fixés la coalition sont atteints. L’Afghanistan n’est plus un État terroriste. Al-Qaida a vu son pouvoir profondément affaibli, et ses chefs et ses infrastructures, comme Ben Laden, éliminés », a ajouté Jean-Yves Le Drian.

Lourdes pertes

« Qu’il y ait encore des problèmes internes de pacification, c’est évident, a-t-il toutefois nuancé, mais nous ne sommes plus dans la même logique. » Ces « problèmes internes de pacification », comme les appelle le ministre, c’est encore la mort, dimanche, de six soldats américains de l’Isaf, tués dans l’explosion d’une bombe artisanale dans l’est du pays. Le 9 juin dernier, ce sont quatre soldats français qui ont été abattus au cours d’une attaque d’insurgée, portant à 87 le nombre de militaires français tués depuis le début de la guerre en 2001. « Et on ne parle même pas du nombre considérable de blessés, dont certains demeurent amputés et handicapés, sans oublier les traumatisés », rappelle Mariam Abou Zahab, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri)..

Ces lourdes pertes – 234 soldats de l’Otan tués en depuis 2012- n’ont pas empêché la communauté internationale de promettre dimanche de verser à Kaboul quelque 16 milliards de dollars d’ici à 2015. En outre, les 80 nations et organisations réunies à Tokyo se sont engagées à continuer de financer le pays en 2016 et 2017. En échange, elles exigent des autorités afghanes qu’elles s’engagent à organiser des élections en 2014 et 2015, améliorent l’accès à la justice pour tous, notamment les femmes, et qu’elles luttent plus efficacement contre la corruption.

L’irrésistible retour des talibans

Justement, onze ans après le début de…

Lire la suite et les commentaires sur le site Leponit.fr en cliquant [ICI]

 

À lire également