Qui veut du PCAS ?

A l’image de la fameuse chanson des Pink Floyd, le rapport de la cour des comptes n’est qu’une pierre supplémentaire dans le mur. Les multiples réformes du SSA, et surtout la dernière, celle des bases de défense n’est pas forcément la bienvenue auprès des états majors, qui perdent la main sur le SSA. L’indépendance gagnée a une autre facette, celle du vœu d’échec de tous ceux qui considèrent que leur influence est amoindrie. Quitte à brandir ce rapport qui nous massacre pour argumenter contre le SSA. Car de tous les bouts la survie du SSA est menacée.

Notre rôle de médecine hospitalière publique

D’un côté, la logique hospitalière nous pousse naturellement à poursuivre notre chemin avec les HIA tels qu’on les connaît, quitte à s’éloigner de notre mission première en dépensant une énergie incroyable à faire « comme les civils », et à nous faire brocarder notre situation financière par des comptables. Et au rythme où vont les hôpitaux civils, il y a de quoi avoir un peu peur. Juste deux éléments sur lesquels je m’appuie. Premièrement, les hôpitaux civils sont pour une grande majorité un modèle de gouffre financier : comme je l’ai écrit précédemment on estime les encours de dettes (par emprunts) à 24 milliards d’euros pour 2012, et rien ne laisse supposer que cette situation va s’améliorer dans les prochaines décennies (je vous invite à ce sujet à parcourir le site de l’IGAS qui est particulièrement alarmant). Deuxièmement, les premiers décrets de la loi HPST sont sortis depuis environ 1 an. Que dit la loi HPST ? Grossièrement, sur la gestion hospitalière, c’est très simple, privé et public seront dans 15 ans des notions probablement obsolètes. Un hôpital pourra « gober » un de ses voisins s’il obtient l’accord de son ARS, dans la mesure où le projet est basé sur une rationalisation de l’offre de soins. Des « mercenaires » pourront être nommés à la tête de certains établissements « mal gérés » avec un objectif chiffré d’économie, et se paieront sur la bête comme un syndic de faillite le ferait avec une boite en redressement judiciaire… Qui imagine les hôpitaux du SSA au milieu de ce panier de crabes ? On dira qu’on sera protégé par notre statut de tels comportements. Oui, mais combien d’années faudra-t-il à un économiste pour le contester ?

De l’autre côté, le PCAS

D’un autre côté, certains iront s’inspirer des divers exemples anglo-saxons, quitte à nous faire subir le PCAS (pragmatisme cynique anglo-saxon). Qu’entends-je donc par ce néologisme tout droit sorti de mon esprit perturbé ? C’est très simple, les amis. Si comme moi vous êtes allés en OPEX avec des anglo-saxons (sauf les US), vous vous êtes posés certainement la même question que moi : mais où….

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