L’armée française a le mal de terre (par Patrick Vignal)

PARIS (Reuters) – Effectifs laminés, crédits rognés, casernes fermées… La situation de l’armée de terre en France n’a rien à envier à celle de l’industrie automobile nationale.

S’il n’est pas courant de parler pour l’armée de restructuration ou de plan social, il s’agit bien d’un problème comparable avec une mutation justifiée par le climat économique.

Traditionnelle variable d’ajustement, le budget militaire, désormais aux alentours de 40 milliards d’euros annuels, ne cesse de se réduire au point que, selon une évaluation de la Cour des comptes, l’armée n’a plus les moyens d’assurer convenablement certaines de ses missions opérationnelles.

« Non seulement la défense n’est pas une priorité mais, à l’heure où des économies sont recherchées partout, elle est clairement dans le collimateur parce que c’est facile de tailler dans le budget militaire », résume un ancien haut responsable militaire français.

Si les trois armes sont concernées, c’est bien dans l’armée de terre que les craintes sont les plus profondes, parce qu’elle est la plus touchée par les réductions de personnels et la disparition de sites mais aussi parce que le type de guerre pour laquelle elle est conçue n’a plus la cote auprès des politiques et de l’opinion.

« Il y a, sinon un malaise dans l’armée, du moins de réelles inquiétudes, en particulier dans l’armée de terre », poursuit l’ancien cadre.

Rien à voir avec l’arrivée de la gauche au pouvoir puisque François Hollande est plutôt plus consensuel que ne l’était Nicolas Sarkozy au début de son quinquennat et que la compétence du nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est reconnue, ajoute-t-il.

Sous la droite ou la gauche, les années se suivent et se ressemblent pour l’armée, avec leur lot de mauvaises nouvelles.

Le processus est connu: un « Livre blanc » détermine la stratégie de la France en matière de défense et de sécurité nationale. Il débouche sur une Loi de programmation militaire (LPM) qui fixe des objectifs chiffrés sur une période de cinq ans.

QUATRE MILLIARDS À TROUVER

L’actuelle LPM prévoit notamment la suppression de 54.000 emplois entre 2009 et 2014, dont 25.000 pour la seule armée de terre.

Malgré tous ces efforts, il pourrait manquer, fin 2013, plus de ….

Lire la suite sur le site tempsreel.nouvelobs.com en cliquant [ICI]

À lire également