Face au conflit afghan, l’armée resserre les liens avec les familles des soldats (Par Louis Imbert)

Quelque 700 militaires français ont été blessés en Afghanistan depuis le début du conflit, à la fin 2001, et 225 pour la seule année 2011. Cette hausse des blessures et des pertes (87 tués depuis 2001, dont 25 l’an dernier), d’une ampleur oubliée depuis les années 1990, a forcé l’armée à repenser la prise en charge des familles de militaires durant leur déploiement et au retour.

« Il y a eu un effet de masse, dit le lieutenant-colonel Maloux, qui dirige la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre (Cabat). Beaucoup ont subi des blessures graves, causées par des IED [« Improvised Explosive Devices », des bombes artisanales fréquemment placées en bord de route, l’une des principales causes de mort de soldats de l’OTAN en Afghanistan]. Ils souffrent de fractures complexes, sont grands brûlés, paraplégiques ou tétraplégiques… Les épouses interviennent à titre thérapeutique, elles aident à la rééducation de la mémoire et la reprise de conscience du temps par leur présence dans les chambres. »

L’armée a dû adapter ses moyens d’hébergement de long terme pour que les proches qui restent auprès du blessé, souvent les compagnes, ne s’isolent pas totalement avec des allers-retours de l’hôpital à une chambre d’hôtel. Une « maison des familles » doit ouvrir en décembre 2013 à l’hôpital Percy de Clamart (Hauts-de-Seine), où sont traités 70 % des blessés graves et des hospitalisations longues. Le lieu doit compter des appartements de 2 et 3 pièces, donner accès à une assistante sociale, un juriste, un psychologue et permettre de recréer, en marge de l’hôpital, une vie sociale.

« RECOMPOSER UN LIEN FAMILIAL EXTRÊMEMENT PRÉCAIRE »

L’an dernier, la Cabat a reçu près de 320 000 euros de….

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