Le Drian. Envoyé spécial au Pentagone (Jean Guisnel)

Aujourd’hui, le président de la région Bretagne s’envole pour Washington afin de faire connaître les positions du candidat Hollande sur les affaires stratégiques. Et demain ? Beaucoup au PS le voient, en cas de victoire le 6mai, comme le futur ministre de la Défense. Retour sur son rôle dans la campagne présidentielle.

À l’entendre, le président du conseil régional de BretagneJean-Yves Le Drian, 64 ans, n’aurait pas de destin national. Il se refuserait même à l’envisager, comme il le confirme dans l’interview qu’il nous a accordée. Pourtant, beaucoup au PS le voient dans la peau d’un ministre de la Défense, si la victoire devait sourire aux socialistes. Ce n’est certainement pas par hasard s’il prend l’avion aujourd’hui pour Washington afin de faire connaître les positions du candidat Hollande sur les affaires stratégiques. Quelques jours après la prise de fonctions du président qui sortira des urnes, se tiendra à Chicago un sommet de l’Otan décisif (1). Où, s’il était élu, François Hollande annoncerait en personne le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, pour la fin de cette année 2012. De part et d’autre de l’Atlantique, on a souhaité une discussion sérieuse sur ce sujet. Qui se colle à ce point épineux ? Certainement pas le simple rédacteur de notes que prétend être l’envoyé spécial…

Conseiller «Défense» de François Hollande

Dans la campagne présidentielle à laquelle il participe activement aux côtés de son vieil ami François Hollande, Jean-Yves Le Drian n’a qu’un rôle de conseiller, investi de la responsabilité du «pôle thématique « Défense »». Rôle qui était déjà le sien en 2007, dans la campagne de Ségolène Royal. Dans la préparation à l’exercice – éventuel – du pouvoir, le Lorientais, agrégé d’histoire, mène un double travail. Le premier consiste à faire plancher les experts sur les questions difficiles, c’est-à-dire celles que le nouveau président, quel qu’il soit, devra affronter: les inéluctables réductions budgétaires, une très probable compression des effectifs des trois armées, une remise à niveau des opérations extérieures dévoreuses de moyen. Mais cette nécessaire mise à plat qui débouchera, si François Hollande entre à l’Elysée, sur la préparation d’un livre blanc sur la Défense, puis d’une nouvelle loi de programmation militaire, se double d’une autre fonction, plus discrète: Jean-Yves Le Drian est aussi le point de contact entre les militaires de haut rang et le candidat socialiste. Muet comme une carpe, l’intéressé ne dit rien sur le sujet. Mais on comprend sans peine que ce rôle n’est possible qu’en raison de la grande proximité des deux hommes.

Très proches politiquement depuis 1985

Déjà complices auparavant, ils sont politiquement très proches depuis qu’en…

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