VISITE AU PARC D’ATTRACTION

VISITE AU PARC D’ATTRACTION

Par CORVIGNOLES

Ça y est ! Ce sont bien 54 000 postes qui vont être supprimés en 7 ans dans les armées françaises.

Tout le monde le savait, mais il fallait une déclaration du lider « minimo » pour officialiser cette cure d’amaigrissement.

En procédant à un petit retour en arrière, on s’interroge forcément sur le raisonnement ou plutôt l’inspiration qui a conduit à ce résultat.

Est-ce bien en effet l’aboutissement de la pensée de la commission du Livre Gland composée de 38 personnes, dont seulement 9 officiers généraux ?

Ou bien, est ce le résultat de la RGPP (révision générale des politiques publiques) appliquée aux armées avec vigueur et discipline par le Contrôle Général des Armées et son chef et dont les conclusions étaient annoncées bien avant la parution du livre ?

Peu importe au fond. On le sait : « la perception est plus importante que la réalité ». Ce qui compte en définitive, c’est qu’il n’y ait pas d’effets d’annonce, d’effets négatifs majeurs s’entend, d’ici le 3 juillet, date prévue pour la publication de l’acte de décès d’un certain nombre d’unités et de garnisons par Hervé Morin.

Certes, il y a bien eu les coups de gueule répétés du Général de la deuxième section Thomann. Mais ce n’est pas allé très loin et c’était un peu tard.

Et puis, « post mortem », il y a eu cette intervention du « Surcouf », qui se présente comme un groupe d’officiers généraux et supérieurs, et dont la fiche d’Etat-major soigneusement préparée depuis plusieurs semaines a été publiée sous anonymat dans Le Figaro du 18 juin, comme un appel…au secours. Pour ne pas paraître rebelles, les propos reprennent l’antienne bien connue : le roi ne peut mal faire : « la volonté présidentielle a été largement dénaturée par ceux qui avaient la charge de la mettre en œuvre ». Oh les vilains !

Ainsi, l’espérance des nombreux officiers qui avaient manifesté leur adhésion à la candidature de Sarkoléon, notamment lors de la fameuse journée du 7 mars 2007 est déçue (voir note 1). Les limiers de la DPSD vont devoir déterminer s’il s’agit du cri désespéré d’une fiancée trompée ou si c’est un véritable noyau dur de résistance constitué en Syndicat Unifié des Réformateurs du Commandement Opérationnel des Unités Françaises.

En fait, les dés n’étaient-ils pas pipés dès le début et on peut se demander si l’inspiration du « lider minimo » ne remonte pas à l’expérience de son service militaire d’aviateur de seconde classe à Balard (voir note 2).

Une autre hypothèse digne d’intérêt identifie la source de la réflexion présidentielle dans l’un de ces parcs d’attraction qu’il fréquente en famille lorsqu’il exerce son droit de visite et d’hébergement sur le petit Louis.

Il y a en effet dans les Yvelines, non loin de Paris et de La Lanterne, le havre présidentiel versaillais des week-ends parisiens, un parc d’attraction dénommé : La France miniature où les principaux sites et monuments français sont présentés en réduction.

Comment ne pas imaginer un instant que ce lieu ait inspiré au chef des armées, et bientôt désarmé, le régime sec qu’il va imposer à l’outil de défense.

Il y a aussi non loin de là le collège militaire de Saint Cyr où en 1939 une promotion reçue le nom ambitieux de : « De la plus grande France ».

70 ans plus tard, pour fortifier la vocation militaire malmenée des officiers supérieurs sortant du collège interarmées de défense (CID), et futurs généraux d’une armée en modèle réduit, on pourrait reprendre le cérémonial.

Après une belle prise d’armes dans la cour de l’Ecole Militaire, le général, commandant le CID demanderait alors au chef des armées : Monsieur le Président, quel nom donnerez vous à cette promotion du Collège Inter-Armées de Défense ?

Eh bien, cette promotion portera le nom de : « De la plus petite France » ! La souffrance (Sous-France ?) quoi !


1.    Le candidat avait rappelé que sa présence à la Journée UMP de la Défense attestait de son « engagement à faire de la modernisation de la doctrine et de l’outil de défense un axe majeur du prochain quinquennat ».

2.     Selon L’Express du 21 mai 2008 : « Après ses classes, effectuées au Bourget (Seine-Saint-Denis) en décembre 1978, il est affecté à la BA 117, dans le quartier de Balard, à Paris. Il appartient au Groupe rapide d’intervention (GRI), qui n’a rien d’une force spéciale : le GRI s’occupe de la propreté… Tous les matins, de 6 à 9 heures, Sarkozy passe la cireuse -la polish machine- dans les halls de l’état-major de l’armée de l’air.

Il était gondolier de couloir », s’amuse un ancien condisciple. « Il sortait aussi les poubelles, précise un autre. Il était prêt à faire n’importe quoi, pourvu qu’on lui foute la paix. » Le reste de la journée était libre. Une belle « gâche » que lui avait refilée un ami, aujourd’hui avocat. Sarkozy pouvait donc continuer ses études de droit et exercer son mandat de conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine, conquis en 1977 ».

 

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