Surpris par la publication d’un livre qui dénonce les violences sexuelles dont sont victimes les femmes militaires dans les régiments, l’état-major tente de déminer et assure que tout est fait pour que les coupables soient sanctionnés. « Ça ne nous pose aucun problème. Tout est traité dans la plus grande transparence », affirme le général Bertrand Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de terre.
Dans La Guerre invisible (Les Arènes et Causette) paru fin février, deux journalistes, qui ont recensé des dizaines de cas d’agressions, de violences et de harcèlement sexuels, témoignent pourtant du contraire. Elles dénoncent une forme d' »omerta » au sein des armées, où l’on préfèrerait dissuader les victimes de porter plainte pour étouffer ce genre d’affaires. Avec suffisamment d’arguments pour que Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, ordonne une enquête interne pour « rompre la loi du silence ».
« L’omerta n’existe plus »
« Dans l’armée de terre, il y a chaque année entre dix et quinze cas qui relèvent de la justice », a précisé le général Ract-Madoux lors d’une rencontre mardi soir avec la presse. Globalement, chaque fois qu’une affaire relève du droit, elle fait selon lui « systématiquement » l’objet d’une procédure judiciaire. « Il y a peut-être eu une omerta à un moment, mais elle n’existe plus », renchérit un officier supérieur : « Si un chef essayait d’étouffer un cas, ce serait suicidaire. Aujourd’hui, toutes ces affaires remontent irrémédiablement. » La tendance actuelle serait même « plutôt à l’excès de comptes rendus vers Paris » pour se couvrir.
Ce qui n’exclut pas les dérapages. Lundi, le tribunal administratif de Nantes a suspendu la démission d’une stagiaire de l’armée, qui selon son avocat a été contrainte au départ après avoir porté plainte contre un sergent qui l’avait filmée nue sous sa douche. Avec 15 % de femmes dans ses rangs et 13 % de femmes officiers, l’armée française est la plus féminisée d’Europe. Une féminisation qui s’est accélérée avec la professionnalisation des armées en 1996 et constitue « un sujet d’intérêt majeur » pour la défense. Après une forte progression, la proportion de femmes militaires tend cependant à stagner depuis la fin des années 2000. Elles constituent environ 22 % des effectifs de l’armée de l’air, 14 % de ceux de la marine et 10 % pour l’armée de terre, réputée plus rude.
Plan d’action
Et la promiscuité de la vie militaire crée parfois des…
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