Le mandat de la directrice de l’Ecpad se termine dans trois mois. La tension monte et les coups bas pleuvent.
Une crise sérieuse couve à l’Ecpad (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense), qui produit et diffuse toute la production audiovisuelle du ministère de la Défense et conserve la plupart de ses archives images et sons.
L’Ecpad est une structure modeste (300 membres du personnel, dont la moitié de militaires, et 25 millions d’euros de chiffre d’affaires) qui coproduit de très nombreux films avec la plupart des producteurs français, auxquels il vend ses archives. L’établissement se trouve engagé avec nombre d’entre eux dans un événement culturel majeur de l’ère Hollande en préparation pour l’été 2014 : les célébrations concomitantes du centenaire du début de la Première Guerre mondiale et du soixante-dixième anniversaire du débarquement américain en Normandie. La directrice de l’Ecpad, Isabelle Gougenheim, est sur la sellette. D’aucuns pronostiquent le départ de cette haute fonctionnaire du ministère des Finances avant la fin de son détachement à l’Ecpad, qui doit intervenir en mars 2013 après deux mandats de trois ans.
Dysfonctionnements
En 2010, le contrôle général des armées lance un audit sur l’Ecpad. L’établissement connaît à l’époque des dysfonctionnements. On reproche notamment au responsable du pôle commercial, le lieutenant-colonel Jean-Luc Messager, de faire trop souvent travailler une même réalisatrice, Marcela Feraru, qui se trouve être son épouse. La critique est immédiatement suivie de la rupture de la relation entre l’établissement et la réalisatrice. Mais on fait observer à l’Ecpad que la mesure exigée était discutable : « Cette excellente réalisatrice travaillait dans la fourchette basse des tarifs constatés sur le marché et rendait ses films rapidement tout en abandonnant ses droits patrimoniaux. » L’année suivante, c’est Jean-Luc Messager qui quitte l’établissement.
Ces mesures de correction n’étaient pas les seules demandées par le contrôle général des armées. Celles-ci ont toutes été mises en place, faisant l’objet de notes détaillées ainsi que de discussions entre la direction de l’Ecpad et celle des affaires juridiques du ministère de la Défense.
« Rien à cacher »
Dans l’entourage d’Isabelle Gougenheim, on est…
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