Une carrière dans l’armée, ça ne dure pas toute une vie. La Défense investit pour que le chômage ne soit pas l’avenir de ceux qui en partent.
Que faire après l’armée? En 2010, 19.000 militaires ont quitté la Grande muette, et le nombre devrait être équivalent pour 2011. Face à eux, un défi: se reconvertir dans le privé. Pour le ministère de la Défense, leur assurer une seconde vie digne de ce nom est un enjeu majeur. Il propose via son service Défense Mobilité un processus de reclassement complet: orientation, construction d’un projet, formation, placement en entreprise. Le général Jean-Paul Martial, directeur de Défense Mobilité, explique:
«Se reconvertir est extrêmement anxiogène. Quitter un univers professionnel pour aller vers l’inconnu … c’est pareil pour un soldat, un colonel ou un général: lorsqu’ils entrent dans la démarche, ils font face à un mur. »
Le brigadier-chef Henry Peïo fait partie de ceux-là. Vingt-deux ans dans les forces spéciales. Des situations périlleuses dans des pays lointains. Une vraie expertise de la guerre, des armes, de la protection rapprochée. Henry Peïo a consacré une bonne partie de sa vie au 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine (1er RPIMa). Jusqu’au jour où l’âge limite est atteint. Il faut alors retourner à une vie normale, une vie civile. Avec tous ses charmes:
«Je n’avais jamais foutu les pieds à la CPAM (caisse primaire d’assurance maladie). A l’armée, vous êtes assisté pour toutes ces choses et là, vous vous retrouvez comme un gamin de 5 ans. Qu’est-ce que je dois mettre sur mon CV? Que je sais tirer avec telle et telle arme? A Pôle Emploi, ils sont perdus face à vous.»
Il décide de monter un site de recrutement, Veterans Jobs Center, qui est soutenu par Défense Mobilité, afin d’aider quelques-uns des milliers d’autres militaires qui comme lui ne savent pas trop quoi mettre sur leurs CV en quittant le service. Autant d’hommes et de femmes qui ont besoin de se réhabituer à la société traditionnelle.
Dur de caser les jeunes et les vieux
Défense Mobilité se félicite de résultats en hausse chaque année. Sur les 15.422 inscrits en 2010 à ce service, 54% trouvent rapidement un nouvel emploi. Mais si les officiers et les sous-officiers arrivent en général à s’adapter (70% de reclassement), les militaires du rang éprouvent plus de difficultés (50% de reclassement). Parmi eux, ils sont près de 7.000 à ne pas avoir atteint les 4 ans nécessaires pour bénéficier d’une formation. Pour ces égarés de l’uniforme dont la plupart ont quitté les rangs au cours des six premiers mois, il n’y aura au mieux qu’un peu de conseil.
Jean-Paul Martial remarque que les militaires subissent les mêmes déconvenues que …
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