Auditionnés conjointement par les commissions de la Défense et des Affaires étrangères, Gérard Longuet et Alain Juppé ont reconnu certaines erreurs de construction de l’intervention française en Afghanistan en septembre 2001, notamment l’absence de calendrier. De son côté, Gérard Longuet s’est attardé sur la question de l’infiltration talibane au sein de l’armée nationale afghane.
Mais c’est surtout la question de l’infiltration d’éléments talibans dans les camps de formation afghans qui a retenu l’attention.
Profondément préoccupés par la mort de 4 soldats français à Gwan, le 20 janvier, Gérard Longuet avait déjà insisté sur cette problématique lors d’une réunion de l’OTAN à Bruxelles le 3 février dernier comme le rapporte le journaliste Nicolas Gros-Verheyde sur son blog consacré à l’Europe de la défense : « Le soldat qui avait tué les compatriotes n’avait pas été suivi. Il s’était déjà engagé, avait déjà déserté, rejoint au Pakistan, puis était revenu vers Kaboul pour se faire réengager dans une unité intégrée dans le dispositif – français de Kapisa. Il y avait un contrôle mais pas suffisamment adapté à une situation extraordinairement complexe et difficile. L’armée nationale afghane n’avait pas fait de ce travail une priorité absolue ». Le Ministre exprimera ses inquiétudes quant à ces nouvelles menaces relativisant l’importance numérique mais pas la portée symbolique de ces actes avant d’ajouter que la démarche ne lui paraissait pas isolée.
A l’issue de la réunion des ministres de la Défense, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen a précisé qu’un plan de contre-infiltration serait mis au point d’ici la fin du mois de février. Un grand pas de franchi. Une semaine avant, en réaction à l’assassinat des quatre soldats français et à l’annonce par le président Français de la suspension de toutes les opérations de formation et d’aide au combat de l’armée dans le pays, le Général Jacobson, porte parole de la force alliée en Afghanistan avait purement et simplement nié toute forme d’infiltration de l’armée nationale afghane par des éléments talibans : « Nos procédures de recrutement sont parfaitement transparentes et claires. Le processus comprend huit étapes et les candidats sont tous très strictement évalués ». En juin 2011, l’OTAN dénombrait pourtant déjà 47 soldats tués lors des deux années précédentes et avait apporté le renfort de 80 officiers de contre-espionnage et de spécialistes de l’Afghanistan pour améliorer le processus de sélection des recrues. Citant des sources militaires, le New-York Times affirmait que ces spécialistes allaient renforcer les enquêtes personnelles sur les recrues, revoir les profils des soldats qui ont été entraînés et resserrer les procédures pour identifier les personnes vulnérables au recrutement par les talibans et leurs partisans.
Gérard Longuet a affirmé que six soldats français ont été tués par des éléments infiltrés :« Quantitativement, cela est marginal. Médiatiquement c’est insupportable en termes de crédibilité de l’armée afghane ».
PAS D’INFILTRATION SYSTÉMATIQUE MAIS DES EFFETS PERVERS

