« Six mois de stress » en Afghanistan pour le caporal-chef Villieras

Sept mois que le caporal-chef Nicolas Villieras, 32 ans, chasseur alpin au 7 e BCA est revenu sain et sauf de la vallée de la Kapisa en Afghanistan. Depuis, la vie a repris son cours au quartier Bulle à Bourg-Saint-Maurice. Mais impossible pour lui d’oublier.

Membre de la section transmission de la compagnie de commandement et de logistique, il a été pendant six mois l’opérateur radio du chef de corps, le colonel Bruno Gardy. Sa mission : le suivre sur le terrain, à pied ou en engin motorisé, et faire la liaison radio avec le poste de commandement.

« Ça a été six mois de stress permanent, explique-t-il. À chaque mission, on était en contact avec les insurgés et on essuyait des tirs. » Une situation qu’en quatorze ans de carrière militaire au 7 e BCA, il n’a jamais connue. « Je n’avais jamais été sous le feu avant », avoue le caporal-chef Villieras.

Pourtant, il n’en est pas à sa toute première mission extérieure. Loin de là. « J’ai fait deux Côte d’Ivoire, deux Tchad, deux Guyane, une Martinique, un Cameroun…, détaille-t-il. Mais l’Afghanistan, c’est l’opération la plus stressante. La première sortie, quand les balles passent à 1,50 mètre au-dessus de ta tête, tu te demandes ce que tu fais là. Mais après, ça devient du bon stress. »

Le caporal-chef Villieras considère ainsi l’Afghanistan comme sa « meilleure expérience professionnelle ». « On apprend beaucoup et surtout c’est réel. C’est vraiment du concret. »

A-t-il eu peur de mourir ? La réponse est oui. « Une personne qui n’a pas peur n’est pas normale, elle est presque dangereuse selon moi. » Mais il a mis cette peur de côté. « On n’a pas le temps d’y penser ». Pourtant, la pression était constante. Jusque sur le camp. « Les insurgés envoyaient des roquettes au petit bonheur la chance. »

« Quand on a appris le décès de notre frère d’arme, c’est comme si tout s’arrêtait »

Le caporal-chef avait une autre source d’inquiétude : sa compagne, engagée à ses côtés. « Elle était basée à Nijrab et moi à Tagab, à 17 kilomètres. Elle faisait régulièrement des convois logistiques entre les deux camps. C’est une route très attaquée. Elle était donc autant exposée que moi, voire plus. »

Pour eux deux, l’histoire se termine bien. Mais le caporal-chef, comme l’ensemble des chasseurs alpins du 7 e BCA, garde un souvenir douloureux de la journée du….

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