Un rapport parlementaire pointe les insuffisances du dialogue social dans les armées.
Au terme d’une année de travaux (une vingtaine d’auditions, cinq tables rondes et sept déplacements sur le terrain), deux députés de la commission de la défense, Gilbert Le Bris (Finistère, PS) et Etienne Mourrut (Gard, UMP) viennent de publier un rapport d’information sur le dialogue social dans les armées. On peut le lire ici – c’est très instructif et nous y reviendrons.
Voici ce que disait l’un des auteurs, Gilbert Le Bris, lors de l’examen du rapport par la Commission, le 13 décembre (c’est nous qui soulignons) :
« Nous avons constaté une grande défiance à l’égard des instances nationales de concertation. Alors que les présidents de catégorie sont connus et appréciés de leurs pairs, les membres des instances nationales de concertation nous ont semblé isolés. Leur statut ne leur permet en effet pas de remplir correctement leurs fonctions. (…) C’est surtout leur mode de désignation qui n’est pas satisfaisant. Tirés au sort, ils ne représentent qu’eux-mêmes aux sessions des instances nationales et ne savent souvent pas se faire les porte-paroles de leurs camarades. Certains de nos interlocuteurs nous ont d’ailleurs dit, avec humour, que leur désignation relevait parfois plus du « triage au sort » que du « tirage au sort ». Beaucoup de militaires se sont plaints de ne pas voir leurs attentes relayées au niveau national par les membres des CFM et du CSFM, ce qui pose un réel problème de confiance envers ces institutions.
Le mode de fonctionnement de ces instances ne donne pas non plus pleinement satisfaction. S’il est exagéré de voir en elles de simples chambres d’enregistrement des décisions de l’administration centrale du ministère, il est vrai que la marge de manœuvre des membres est très réduite, que cela soit en termes de fixation de l’ordre du jour ou de choix des questions auxquelles le ministre va répondre. Nous avons assisté aux séances de trois CFM et d’un CSFM. Les membres nous ont tous semblé pleinement investis dans leur rôle mais, il faut l’avouer, leur expertise est très faible face aux représentants de la direction des ressources humaines du ministère de la défense. On a eu le sentiment qu’ils perdaient beaucoup de temps sur des détails et étaient très dépendants des informations qui leur étaient délivrées par le ministère.
Au final, cela procure de la frustration dans la communauté militaire, qui a l’impression, très largement relayée par les audits effectués en 2008, que ses intérêts ne seraient pas défendus et quetout le système de concertation ne sert qu’à donner bonne conscience au commandement. Beaucoup de militaires expriment leur mécontentement sur les nombreux sites Internet et blogs. Les associations, comme Gendarmes et citoyens ou l’ADEFDROMIL, jouent également un rôle important. Il est difficile de…
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