Le profanateur des trois tombes de musulmans qui avait déposé des couennes de jambon sur des sépultures du cimetière de la Barque à Castres était jugé hier. Ce militant du FN, depuis exclu du parti, a fait son mea culpa et présenté des excuses.
On s’attendait à un plaidoyer islamophobe et nauséabond revendiqué par un militant aguerri. On n’a finalement eu droit hier après-midi, devant le tribunal correctionnel de Castres qu’à une triste chronique de la haine raciste ordinaire. Devant les policiers le mois dernier, cet ancien militant du Front National, depuis exclu du parti de Marine Le Pen, avait déversé une diarrhée de propos xénophobes pour expliquer pourquoi il avait déposé des couennes de jambon sur trois tombes du carré musulman au cimetière de la Barque à Castres en janvier 2011. La présidente Anne Maffre en a d’ailleurs fait une lecture qui ne laisse aucun doute sur le côté militant de ce Castrais de 48 ans, ancien militaire aujourd’hui un peu paumé. « Cécité des politiques » ou « Chrétiens colonisés » et « islamo-gauchistes qui gouvernent » faisaient partie de ses dépositions mais ont fondu hier à la barre comme neige au soleil. Cheveux taillés courts, propre sur lui, le père de famille bafouille : « Je ne suis pas fier de mon acte. Je ne voulais pas m’en prendre à ces familles précisément. Depuis, j’ai pris conscience de la gravité de mes actes. En fait, je voulais faire une provocation à l’encontre de la communauté musulmane radicale. Je n’ai pas fait la part des choses. C’était irréfléchi. »
« Les morts doivent reposer en paix »
L’homme s’excuse, se tourne à plusieurs reprises vers les familles présentes dans la salle d’audience tandis que les parties civiles ont plaidé sur le même terrain, celui de l’indignation. Abdallah Zekri, président de l’Observatoire des actes islamophobes au CFCM (1), les avocats des familles victimes de la profanation, de la Licra et du MRAP ont tapé du poing sur la table pour dénoncer des gestes qui ne cessent d’augmenter.
« Les morts doivent reposer en paix », dira Abdallah Zekri.
« Il faut que cela cesse », ajoutera en outre Me Pamponneau.
Le vice-procureur Philippe Mao ira même plus loin :…..
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