Deux policiers de l’association Police Victime sur le chemin de l’expulsion… de leur institution (par jacky mestries)

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser à huit militaires de la gendarmerie, qui ont pris le risque incroyable, il y a un peu plus de trois ans de fonder une association qui fut arbitrairement déclarée incompatible avec l’exercice du métier de gendarme.

Je rappellerai aussi, que la gendarmerie agissant en tant qu’administration, n’avait pas mis en péril leur devenir en son sein. C’était une gendarmerie qui respectait encore ses personnels. Nous avons vu que le pouvoir politique s’en était mêlé par la suite et que son chef avait brisé toutes nos traditions pour prononcer l’expulsion de l’un d’eux.

La gendarmerie était bien devenue un instrument politique en même temps qu’elle arrivait au ministère de l’intérieur.

C’était l’objet même de ce transfert. Les législateurs éclairés s’en rendront compte.

Nous ne savions pas que ce se faisant, en tournant le dos à toutes les valeurs de cette arme, elle s’engageait un peu plus vers une normalisation, un alignement par le bas avec la police nationale.

Le 16 mai 2011, quelques policiers lassés de voir leurs syndicats faire plus de politique que de syndicalisme, lassés de subir le fonctionnement d’une hiérarchie parallèle, décidèrent de s’unir et de fonder une association indépendante. Il l’appelèrent, l’association Police Victime et déposèrent ses statuts le 16 mai 2011.

Cela ne pouvait être.

Il était absolument inadmissible de laisser se développer un mouvement qui s’écarte du ronronnement des syndicats en place.

La réaction n’a pas tardé, les menaces voilées pour rentrer dans le rang devinrent plus pressantes, au point que petit à petit le conseil d’administration vit ses membres se retirer un à un.

Aucun procédé n’a été écarté, notation en baisse, mise à l’écart de l’avancement, coup de fils intempestifs au domicile, mais aussi déplacement des périodes de congé, puis blâme.

Aujourd’hui une procédure pour manquement au devoir de réserve est engagée contre les deux plus obstinés à penser que nous sommes dans un pays où il est bon de proposer des solutions différentes que celles convenues dans les couloirs, celles mises au point après de petits arrangements entre amis.

Tiens, à propos, elle est en où cette affaire là ? Il y a eu une plainte des personnes mises en cause, mais depuis silence sur les ondes.

Complètement isolés, ce sont aujourd’hui deux gardiens de la paix qui paient le prix fort pour avoir voulu apporter un peu de bon sens dans une police nationale qui commence à réagir un peu n’importe comment.

Deux directeurs de la police sont impliqués dans des dossiers graves. Le ministère les soutient.

Deux gardiens de la paix sont menacés d’expulsion pour avoir voulu,  en parfaite conformité avec les règles de notre pays, apporter un petit plus au débat.

De fait, nous constatons avec eux, que dans la police aussi, les associations professionnelles sont interdites.

Ne laissons pas seuls ces deux gardiens de la paix. Ils sont actuellement en congé de maladie à la suite des harcèlements qu’ils nous disent avoir subis. Ils vont déposer une plainte au pénal contre les auteurs des agressions morales qu’ils subissent depuis la création de leur association.

Mais sous quel régime vivons-nous, au juste ????????????

Source: lagrognegend

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