Le député PS du Nord Bernard Derosier appelle de ses vœux un diagnostic partagé entre syndicats et gouvernement sur la délicate question du pouvoir d’achat des fonctionnaires. C’est l’une des propositions du rapport de la mission d’évaluation et de contrôle sur l’évolution de la masse salariale de la fonction publique.
Pourquoi vous êtes-vous penché sur la masse salariale des fonctionnaires de l’État ?
Les dépenses de personnel pèsent plus de 40 % des dépenses de l’État. Cela représente donc un enjeu majeur pour maîtriser le déficit budgétaire. Grâce à ce travail, nous disposons de tous les éléments nécessaires pour analyser l’évolution de la masse salariale de l’État et tirer un bilan du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux engagé depuis 2007. Sur ce second point, la Cour des comptes a démontré que les économies réalisées sont largement inférieures aux prévisions initiales. Au ministère de l’Éducation nationale par exemple, une réduction de 16 000 postes a été affichée en 2011, mais le recrutement de 17 000 contractuels a été parallèlement annoncé et le nombre d’heures supplémentaires a fortement progressé pour un montant de 416 millions d’euros de plus entre 2006 et 2010.
La hausse des heures supplémentaires et le recrutement de contractuels limitent les gains financiers liés aux suppressions de postes dans la fonction publique. Quels enseignements en tirez-vous ?
Le gouvernement doit faire preuve de davantage de transparence sur la masse salariale de l’État et mieux anticiper les départs en retraite dans chaque ministère. Sinon, il risque de se trouver une nouvelle fois dans la situation de demander en catastrophe une rallonge budgétaire aux parlementaires, comme ce fut le cas en novembre 2010. Plus largement, il est nécessaire de…
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