Pourquoi la France fait-elle la guerre en Afghanistan?

La guerre est-elle une affaire trop sérieuse pour être expliquée aux citoyens français ?
Dix ans après les attentats du 11-Septembre, à New York, et la riposte engagée, par les Occidentaux, Etats-Unis, en tête, contre le sanctuaire afghan d’Al-Qaïda, la question se pose, avec insistance. Particulièrement, en France, où l’embarras est général : depuis dix ans, le président décide, le Parlement se tait et le peuple a d’autres soucis. Seuls quelques épisodes dramatiques de cette guerre lointaine parviennent à rompre, sporadiquement, cette absence de débat français. Comme à l’été 2008, lorsque dix soldats français sont tués, dans une embuscade tendue par les Talibans, à l’Est de Kaboul. Ou comme, aujourd’hui, pour la triste raison que les pertes françaises s’accélèrent : le 74e militaire français a été tué, le 15 août, mais c’est le 11e, depuis un mois, le 22e, depuis le début de l’année. Brusquement, le contingent français paie un tribut très lourd – plus lourd que celui des autres pays engagés – dans ce conflit. Pourquoi ? Pour quoi faire ? Dans quel(s) but(s) ? Avec quelle mission ? Les questions sont graves. Elles restent, pour l’essentiel, éludées. Et, inévitablement, parasitées, hélas !, par des enjeux de politique intérieure. Les déclarations du président de la République, chef des armées, ne permettent guère d’y répondre. Jusqu’à la fin de 2010, Nicolas Sarkozy affirmait sa détermination à « faire la guerre, jusqu’au bout » et « aussi longtemps que nécessaire », pour lutter contre le terrorisme et l’obscurantisme. Le 12 juillet, lors d’une brève visite, en Afghanistan, le même assurait qu' »il faut savoir finir une guerre » et annonçait le calendrier d’un retrait progressif des troupes françaises, entre 2012 et 2014. Sauf à reconnaître que l’intervention occidentale est inefficace et impuissante, ce changement de cap reste inexpliqué. Longtemps discrète – y compris parce que l’intervention initiale avait été décidée, quand Lionel Jospin était Premier ministre et avec son plein accord -, l’opposition semble décidée à donner de la voix. Mais davantage pour accentuer l’embarras du chef de l’Etat, déplorer l’alignement mécanique de ses positions sur celles des Américains (renforcement du contingent, en 2008, retrait programmé aujourd’hui), et réclamer un retrait plus rapide. Sur le fond, au-delà du constat de l’impasse actuelle, les socialistes ne font pas, ou peu, de propositions.
Trois questions mériteraient, pourtant, débat et réponses. La traque d’Oussama Ben Laden ayant abouti,…

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