Initialement assorti d’un reportage diffusé sur Canal+ (intitulé « La face caché de la légion »), le livre « La légion étrangère, les oubliés de la République » est surprenant à plus d’un titre.
On y entre d’abord méfiant. La légion étrangère est un corps militaire à part, et, à moins d’être patriote ou passionné de l’univers martial, on n’est pas bien sûr de trouver un intérêt à cette lecture. Mais ce n’est qu’une impression, car le livre, telle une enquête dans le monde secret de la légion, ne se lâche plus.
Fondée au XIXème siècle, d’abord pour éviter des pertes françaises draconiennes, la légion apparaît encore comme un îlot dans le panorama militaire national. Connus pour être les plus populaires au défilé du 14 juillet (avec les pompiers de Paris), qui sont ces soldats que l’on envoie sur tous les fronts dangereux de la planète?
Récemment entachée par de nombreux scandales, la légion ne semble plus toujours adhérer à sa légende de mercenaires venus de loin pour se refaire une virginité morale.
De nombreux drames d’abord.
Des photos qui fuient dans la presse montrent des jeunes recrues subissant des séances d’humiliation. Menés au bâton et presque nus, les jeunes soldats semblent victimes de véritables tortures morales. Des témoignages aussi, d’hommes rossés, mutilés, puis menacés par leurs supérieurs en cas de délation.
En 2009, un légionnaire de 27 ans, d’origine brésilienne, en mission au Tchad, est victime de ce que la légion appelle une « soudanite » -une crise de folie- et tue trois de ses collègues et un paysan tchadien dans sa fuite. Il se disait persécuté depuis le début de son engagement.
Un engagement complet et exigeant à bien des niveaux. Pendant…
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