StravaLeaks : le ministère des Armées répond sur la sécurité numérique des militaires

La question des usages numériques des militaires, notamment en opération, revient régulièrement dans le débat public. A retrouvez à la Une de www.droitdesmilitaires.fr, le site d’informations du droit des militaires, personnels de défense et de sécurité intérieure une nouvelle question parlementaire et la réponse du ministère des armées.

Question écrite n° 14435 :
StravaLeaks


17e Législature
Publication de la question au Journal Officiel du 21 avril 2026, page 3271
Publication de la réponse au Journal Officiel du 2 juin 2026, page 4823

Question de : M. Jérôme Guedj
Essonne (6e circonscription) – Socialistes et apparentés

M. Jérôme Guedj attire l’attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur les failles de sécurité révélées par l’enquête dite « StravaLeaks », ayant permis de localiser en temps réel le porte-avions français Charles-de-Gaulle grâce à l’utilisation d’une application sportive par un militaire. En effet, selon les révélations de la presse, un officier de la marine nationale a publié, via une montre connectée reliée à l’application Strava, les données de son activité sportive, rendant accessibles publiquement des informations de géolocalisation précises. Ces données ont permis de situer précisément le groupe aéronaval français en Méditerranée orientale, dans un contexte de fortes tensions internationales, notamment au Moyen-Orient. Si la présence du porte-avions dans la région était connue, la diffusion de sa position précise en temps réel constitue une vulnérabilité majeure susceptible de compromettre la sécurité des forces françaises engagées à l’étranger, d’autant plus que des attaques ont récemment visé des intérêts militaires français dans la région. Ces révélations s’inscrivent dans une série d’incidents similaires mettant en cause l’usage d’applications connectées par des personnels militaires ou de sécurité, malgré des cas similaires en 2020, touchant des militaires français déployés au Sahel. Dans ce contexte, M. le député souhaite connaître les mesures concrètes que le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de renforcer la sécurité numérique des forces armées, notamment en matière d’utilisation des objets connectés et des applications de géolocalisation par les militaires en opération. Il l’interroge également sur les dispositifs de contrôle, de sensibilisation et de sanction envisagés pour prévenir le renouvellement de telles pratiques, ainsi que sur l’évaluation des risques que ces fuites d’informations peuvent représenter pour la sécurité des opérations et des personnels engagés. Enfin, il souhaite savoir si une doctrine plus stricte, voire une interdiction encadrée de certains usages numériques en zone d’opération, est à l’étude afin de garantir la protection des intérêts stratégiques de la France.

Réponse publiée le 2 juin 2026

La protection des emprises militaires, de leurs activités et du personnel civil et militaire qui y travaille repose sur une approche globale prenant en compte les champs cybernétique et informationnel. Des contrôles réguliers sont effectués au sein des emprises les plus sensibles afin d’assurer leur sécurité, ainsi que celle des opérations et des personnels. Préalablement à tout déploiement, des consignes strictes sont transmises aux militaires. Des rappels et des contrôles sont effectués. Le personnel du ministère des armées et des anciens combattants, ainsi que celui des industriels et des sous-traitants partenaires, est régulièrement sensibilisé aux impératifs de discrétion. Un guide du bon usage des réseaux sociaux a été diffusé au sein des armées, directions et services afin de permettre à chacun d’adopter les bonnes pratiques. Des campagnes de sensibilisation ont été menées pour rappeler aux agents du ministère la nécessité de discrétion sur les supports numériques, afin de garantir leur sécurité et ainsi que celle des opérations. Le non-respect des consignes de sécurité peut donner lieu à des sanctions individualisées et proportionnées. Le cloisonnement des informations et le secret entourant les activités opérationnelles des armées permettent de garantir leur sécurité ainsi que celle des agents y participant. A bord des unités de surface de la Marine, le risque de divulgation d’informations de position temps réel par des objets connectés est faible du fait de l’absence de réseau GSM au large. Concernant le cas du porte-avions, les informations de géolocalisation ont été transmises en temps différé, à un moment où le commandement a autorisé l’équipage à se connecter (ce qui se pratique uniquement lorsque le bateau n’est pas menacé). La position dévoilée, non temps réel, n’aurait pas permis de cibler le bâtiment. Ce dernier n’a ainsi jamais été mis en danger par la divulgation de cette information. Néanmoins, une consigne a été enfreinte, ce qui a occasionné une sanction.

Télécharger le format pdf
Données clés


Auteur : M. Jérôme Guedj

Type de question : Question écrite

Rubrique : Défense

Ministère interrogé : Armées et anciens combattants

Ministère répondant : Armées et anciens combattants

Dates :
Question publiée le 21 avril 2026
Réponse publiée le 2 juin 2026

Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE14435

Laisser un commentaire


À lire également