Question écrite n° 23589 – Sénat – Difficultés de fonctionnement de la réserve militaire

Question écrite n° 23589 de M. Michel Savin (Isère – Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 01/07/2021 – page 4031

M. Michel Savin attire l’attention de Mme la ministre des armées sur les difficultés de fonctionnement de la réserve militaire.

La réserve constitue une formation intéressante pour les jeunes Français en leur offrant la possibilité de s’engager pour leur pays et de participer activement à la construction nationale. Ils y apprennent le métier des armes et se forgent un état d’esprit de service qui avait disparu avec la suppression de la conscription. Ainsi, près de 90 % de la réserve est constituée de jeunes âgés entre 17 et 22 ans.

Or, la réserve manque de moyens pour assurer la formation des jeunes réservistes. Face à une demande d’engagement qui ne cesse de croître, elle se voit forcée de refuser des volontaires car elle n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions principales. À défaut d’obtenir un financement adapté, elle risque de devoir stopper ses activités de formation tout en continuant à effectuer ses missions avec des effectifs amoindris dans un contexte sécuritaire qui ne cesse de se complexifier.

Dans le même temps, le service national universel (SNU) peine à se mettre en place : la formation qu’il dispense est courte et le nombre limité de régiments offrant une telle formation ne permet pas de répondre aux demandes massives des volontaires. Dans ce contexte, revaloriser la réserve semble être une solution pertinente pour pouvoir satisfaire le désir d’engagement de la jeunesse.

Au regard de cette situation, il souhaite savoir de combien le ministère compte augmenter les moyens alloués à la réserve militaire dans le prochain budget.

Réponse du Ministère des armées

publiée dans le JO Sénat du 23/09/2021 – page 5465

La mission des réserves, telle qu’elle est définie dans la loi de programmation militaire (LPM), est de constituer des « compléments indispensables aux armées et formations rattachées pour remplir leurs missions et concourir à la réalisation de leurs contrats opérationnels » et prévoit un « rapprochement raisonné et progressif des compétences des réservistes avec celles des militaires d’active ». Le concours des réserves contribue à l’accomplissement des missions dévolues aux arméesLes activités des réserves opérationnelles des armées sont financées en cohérence avec les termes de la LPM sur un budget spécifique, maintenu à un niveau un peu inférieur à 200 millions d’euros par an environ sur la période de la LPM, permettant de tenir l’objectif de 40 000 réservistes sous engagement à servir dans la réserve (ESR), pour un emploi annuel moyen d’environ 37 jours. L’effectif réalisé était de 40 353 ESR au 31 décembre 2020 dont 59,6 % de réservistes sans expérience militaire initiale et d’anciens conscrits. La proportion des réservistes âgés de moins de 30 ans est de 37 %, en raison notamment de la rapidité de la croissance des effectifs qui a conduit à faire appel à une population plus disponible donc plus âgée. Les armées et services mènent désormais une politique tendant à rajeunir leur réserve. Enfin, les armées contribuent au service national universel (SNU) essentiellement en ouvrant des places dans des périodes militaires d’initiation et de préparation – défense nationale (PMIP-DN) au titre des missions d’intérêt général (phase 2 du projet SNU). Les armées ont ainsi offert 320 places en 2019-2020 et 651 places en 2020-2021. Elles ouvriront environ 1 800 places en PMIP-DN au profit de la classe 2021 du SNU, sachant que le coût moyen d’une place dans ce type de stage est estimé à 1 100 euros dont 350 euros de Titre 2 (coût d’une PMIP-DN Terre).

Source :

https://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ210723589&idtable=q402794|q402510|q401792|q400717|q400724|q400726|q400506|q400204|q399848|q399626&_c=arm%E9e&rch=qa&de=20201205&au=20211205&dp=1+an&radio=dp&date=dateJORep&appr=text&aff=ar&tri=dd&off=10&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn

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