Vie de militaire : chroniques d’un marin embarqué sur le Chevalier Paul

Il est des messages que l’on reçoit et qui font voyager. Il est des messages que l’on reçoit et qui permettent de vivre, du moins par procuration, la mission de ceux qui s’engagent.

DROIT DES MILITAIRES a ainsi l’honneur de publier le message d’un marin embarqué sur le Chevalier Paul et remercie très chaleureusement son auteur de cette transmission.

« Oyez, oyez mes moussaillons,

Quelques nouvelles de votre pirate préféré. Tout d’abord j’espère que vous allez bien en ce début de rentrée.

Rentrée riche pour ma part où j’ai rejoint ce fier navire qu’est le Chevalier Paul. Un sacré navire. Racé pour la course, bateau jeune avec des jeunes à bord. Eh oui le vieux loup de mer que je suis est devenu le papy du bord…Fallait bien que ça arrive un jour…

En attendant, l’ancien a encore du jus et repart pour un tour. Direction cette fois-ci les mers chaudes du Moyen Orient. D’ailleurs en parlant de chaleur, la transition a été rude dès le franchissement de Suez! Nous sommes passés de la douceur automnale à la chaleur tropicale! Sale temps pour les gros…

Toujours aussi mythique la traversée de ce canal. D’un côté l’aridité du Sinaï et de l’autre l’opulence des cultures irriguées! Sacré contraste de couleur.

Ah l’Egypte : ces temples, pyramides, mosquées, zouk et autres rêveries exotiques. Une passion française diront certains. Je vais d’ailleurs m’essayer au décryptage des « émoticones » (désolé de l’orthographe, quand je vous dis que je suis vieux…) de l’époque. Vous avez deviné : les hiéroglyphes! Plus de 4000 ans d’évolution pour continuer à retranscrire nos émotions avec des dessins…A méditer…

Pour la suite du programme, c’est une autre histoire que je vous dévoilerai au fur et à mesure de ces prochains mois.

En parlant d’histoire, je vais vous compter brièvement l’histoire de Chevalier Paul. Un sacré marin qui a commencé à naviguer dès l’âge de 10 ans sur les navires de l’Ordre de Malte. Il a commencé tôt à chasser le Barbaresque et autres pirates maures du coin. D’un caractère fougueux et colérique, il se fait virer de l’Ordre après avoir fracassé le crâne de son quartier-maître. Pas commode le type je vous dis. Il traîne ses guêtres ensuite dans le sud de la France avant d’être rappelé par l’Ordre pour ses qualités de marin et de guerrier. De chef aussi car lors d’une bataille, tout l’équipage vote pour qu’il soit le commandant du navire alors qu’il n’est que quartier-maître! Eh oui à l’époque on pouvait très vite monté en grade…et redescendre aussi soit dit en passant…

Le voilà donc capitaine. Outre une petite fortune qu’il commence à se construire, il se forge une réputation de sacré marin et d’adversaire impitoyable des Barbaresques. Son panache ne pouvait que plaire au Roi Soleil qui le nomma amiral. Sous les couleurs françaises, il pourfend tous les ennemis du royaume. Même quand il n’y a pas la guerre, il n’hésite pas à faire demi-tour et a envoyé par le fond une frégate anglaise qui ne lui avait pas rendu son salut! Un foutu caractère je vous disais. Geste qui sera admiré jusqu’à la cour de la perfide Albion. Il terminera sa vie couvert d’honneur et de gloire.

Pourtant il faudra attendre la seconde guerre mondiale pour entendre à nouveau parler de Chevalier Paul. Un premier bateau portera son nom et se couvrira de gloire au large de la Norvège, pendant la bataille de France et plus tristement pendant la bataille du Levant pendant laquelle des Français se battront contre des Français. C’est un avion anglais, sûrement un lointain descendant d’un marin de cette fameuse frégate coulée, qui porta le coup de grâce au Chevalier Paul de l’époque en le torpillant. Mais il sera détruit par les tirs précis du français. Toutes ces actions lui vaudront trois citations que nous portons toujours fièrement sur notre fourragère.

Un escorteur d’escadre suivra dans les années 60-70 et maintenant cette frégate moderne. Bref 3 bateaux seulement qui ont porté le nom de Chevalier Paul, mais trois histoires bien riches et dignes de cet illustre marin.

Voilà mes moussaillons »

 

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