Question N° : 57179 de M. Flory Jean-Claude ( Union pour un Mouvement Populaire – Ardèche )
Texte de la question
M. Jean-Claude Flory attire l’attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur les procédures d’indemnisation des victimes d’accident de la route.
Il souhaite connaître les moyens de recours dont dispose une victime pour déposer une réclamation, mais aussi pour faire réviser le rapport d’expertise médico-légale.
Ces rapports sont effectués à la demande de la compagnie d’assurances du tiers responsable du sinistre par un expert près la cour d’appel mandaté par cette même compagnie.
Dans le cas échéant la victime considère que les conclusions rendues ne sont pas conformes au degré du préjudice qu’elle a subi.
Texte de la réponse
Le Gouvernement est particulièrement attaché au principe de la réparation intégrale des dommages subis par les victimes d’accidents de la circulation, et par conséquent, à l’individualisation de cette réparation.
Les conditions dans lesquelles il est procédé à l’examen médical de la victime revêtent à cet égard une importance particulière.
Sur ce point, la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l’amélioration de la situation des victimes d’accidents de la circulation et à l’accélération des procédures d’indemnisation comporte déjà certaines dispositions visant à assurer la protection des victimes fragilisées par les dommages qu’elles ont subis.
Ainsi, l’article 13 prévoit que dans la première correspondance qu’il adresse à la victime, l’assureur doit rappeler qu’en cas d’examen médical celle-ci pourra se faire assister du médecin de son choix.
Par ailleurs, l’article 19 permet à la victime de dénoncer la transaction qu’elle a conclue avec l’assureur, dans un délai de quinze jours à compter de celle-ci.
Toutefois, ce dispositif de protection doit encore être renforcé.
C’est précisément l’objet de la proposition de loi visant à améliorer l’indemnisation des victimes de dommages corporels, adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture le 16 février 2010.
En effet, ce texte prévoit notamment que l’examen médical réalisé par le médecin-conseil de l’assureur devra prendre en considération les conditions de vie et l’environnement habituel de la victime, en vue d’évaluer avec précision le dommage subi.
De plus, lorsque l’examen médical conduira à estimer que l’état de la victime nécessite l’intervention d’une tierce personne, l’assureur devra faire établir un bilan situationnel.
Enfin, ce texte imposera désormais à l’assureur de proposer à la victime qui refuse d’être examinée par le seul médecin mandaté par l’assureur ou qui conteste les conclusions de médecin, un examen médical contradictoire au cours duquel cette victime pourra être assistée par le médecin conseil de son choix.
Source : JO AN du 30/03/2010 page : 3682


Cet article a 2 commentaires
Il y a plusieurs façons d’obtenir réparation et de se faire indemniser.
Soit il y a une infraction et une procédure judiciaire est ouverte au pénal à l’initiative du Parquet ou la victime porte plainte, se constituant par la même occasion « partie civile » ; l’infracteur est reconnu « coupable » par le tribunal qui peut également se prononcer sur les « intérêts civils », ou pas (dans ce cas, il convient de traiter cette partie différemmment).
La CIVI et le Fonds de Garantie sont appelables.
Soit une négociation, dite amiable, est engagée avec l’assurance du responsable des faits quand il y en a un (s’il est inconnu mais qu’il est non contestable qu’il y en a un, CIVI et FG).
En cas d’échec de la négociation amiable, il faut porter l’affaire devant les tribunaux civils.
MAIS, en aucun cas il ne faut se présenter seul devant son assureur (même si c’est le sien propre) ou un médecin mandaté par lui ou… sans avoir ses propres conseils, médecin(s), avocat(s)…
Certes, cela a un coût. La victime peut cependant solliciter et obtenir des provisions pour vivre, se faire soigner et préparer son dossier dans les meilleures conditions pour obtenir la plus juste réparation.
Des associations peuvent utilement conseiller et orienter (demander à l’ADEFDROMIL).
Missy, mère de para.
OUBLI ET PETITE PRECISION
L’indemnisation des victimes d’accidents de la route, les passagers, les piétons et les cyclistes relèvent la plupart du temps de la Loi Badinter de 1985, laquelle a été instituée dans le but d’accélérer des procédures assez longues.
C’est, cependant, un procédé transactionnel qu’il est tout à fait possible de refuser s’il ne convient pas. Alors, il faut saisir les tribunaux.
Plus de 90% des dossiers sont traités « en amiable ».
Certains d’entre eux, s’ils avaient été portés en justice, auraient bénéficié d’une bien meilleure indemnisation. Le Parquet (au moins en RP) le dit, les assureurs consentent à le reconnaître…
Maître-mot : se faire conseiller !
Missy, mère de para.
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