Lu pour vous: extrait du livre d’Henri Guillemin « Le général clair-obscur » (Seuil)

« L’armée au pouvoir?»

Certes pas. Le général de Gaulle est un gouvernant civil et il tiendra plus que personne (en raison même de son passé d’indiscipline) à ce que l’Armée soit, dans sa main, le plus «astreint» des pouvoirs.Au lendemain de l’investiture, l’épouse de Salan confiait, épanouie et naïve, à Ely: «Nous tenons le maréchalat!» ((J.-R. Tournoux, Jamais dit,op. cit., p.168)) .

Elle tombera de haut. De Gaulle donnera la médaille militaire à Salan, décoration suprême des grands chefs. Mais il ouvrira une trappe sous ses pas, et tous les officiers activistes, Massu seul excepté, seront en quelques mois mutés hors de l’Algérie.

Le 3 octobre 1958, dans l’avion quittant Constantine, de Gaulle s’exclamera devant Viansson-Ponté: « Les généraux, au fond, me détestent. Je le leur rends bien. Tous des cons! […] Vous les avez vus, en rang d’oignons, sur l’aérodrome, à Télergma? Des crétins, uniquement préoccupés de leur avancement, de leurs décorations. Ce Salan ! un drogué, je le balancerai sitôt après les élections. Ce Jouhaud, un gros ahuri. Et Massu ! Un brave type, Massu, mais il n’a pas inventé l’eau chaude.» ((P.Viansson-Ponté,  lettre ouverte aux hommes politiques. Albin Michel, 1975. Jouhaud ne manquera pas de reproduire ces paroles dans Ce que je n’ai pas dit, op.cit.,p.110))

 

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