Suppressions de postes, baisse des crédits… Pour Jean-Yves Le Drian, le climat social dans les armées est « proche de l’exaspération ». Mais comment un militaire peut-il protester en l’absence de droit de grève et de syndicalisation?
« Pour protester, les militaires ne vont pas sortir les chars et aller dans la rue. On n’est pas en Thaïlande! » Jacques Bessy, 64 ans, est un colonel à la retraite. Il préside l’Association de défense des droits des militaires (Adefdromil), la seule association loi 1901 du genre. « Si je n’étais pas retraité, je serais déjà convoqué, menotté et bandeaux sur les yeux! », plaisante-t-il.
Toute plainte passe par la hiérarchie
Preuve de ce ras-le-bol, les dirigeants des trois armées et le chef d’état-major ont brandi la menace d’une démission collective. Autant dire la seule solution pour faire pression sur l’exécutif tant les moyens de contestation sont faibles dans l’armée. Le Code de la défense ne prévoit ni droit de grève ni droit à la syndicalisation pour les militaires. Toute supplique doit être transmise à son
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