Depuis plus d’un an, une enquête vise plusieurs sociétés de déménagements qui auraient surfacturé leurs services au ministère de la Défense. Dans une note confidentielle, l’armée reconnaît des abus.
Voilà un document qui devrait intéresser le parquet de Marseille, qui, il y a un an a ouvert une information judiciaire afin de déterminer si des sociétés de déménagements ne surfacturaient pas leurs services, aux militaires mutés outre-mer, ou pour ceux revenant au pays. Cette note émane de la DicoD (Délégation à l’information et à la communication de la Défense). Et où l’on apprend que le ministère de la Défense a décidé de mettre fin aux abus en reconnaissant l’existence de pratiques singulières et très juteuses. Cette note confidentielle devrait réjouir un homme, Marcel Barthélémy, propriétaire de la société Castel Dem, basée à Castelnaudary.
Depuis plus de deux ans, il se bat seul contre l’administration et ses confrères. Marcel Barthélémy est même le vilain petit canard de la profession. Il a osé briser la loi du silence. Bien que pratiquant des prix de 20 à 30 % moins chers que ses concurrents, la société Castel Dem a vu son chiffre d’affaires s’écrouler en moins de trois ans. Entre 2009 et 2012, celui-ci est passé de 617 000 € à 107 000 €. À l’époque, expliquait dans nos colonnes Marcel Barthélémy, «mes commerciaux, m’ont dit qu’en n’offrant pas de cadeaux, nous n’aurions pas les marchés». Las, il dépose plainte le 1er août 2012 auprès du procureur de la République de Carcassonne. Le 6 septembre 2012, le dossier est transmis au parquet de Marseille qui s’intéresse de près à des sociétés phocéennes qui ont organisé des déménagements de militaires, notamment vers la Nouvelle-Calédonie. Depuis ces révélations, l’état-major de l’armée de Terre a toujours refusé d’expliquer comment de tels dérapages avaient pu être commis. En visite à Carcassonne au 3e RPIMa, le 14 novembre, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait indiqué sur ce dossier «que l’affaire était à l’instruction et qu’il n’était pas certain que les faits soient avérés». Il est vrai, que pour sa défense, le ministère affirmait faire aussi des contrôles.
Une directive qui date de 1897
La note rédigée par la délégation à l’information et à la communication de la Défense (DicoD) et en date du 24 avril 2014 indique clairement que le ministère de la Défense prend…
Lire la suite sur le site ladepeche.fr en cliquant [ICI]


Cette publication a un commentaire
Je dois avoir totalisé une quinzaine de mutations avec changement de résidence dont 2 affectations outre mer. Il y a une dizaine d’années j’appelais respectueusement l’attention de l’administration sur cette expérience concrète et les enseignements retirés.
1.- à peine prononcée une ACR ( et parfois avant!), une boîte de déménagement se signale à notre intention.
2.- sans regarder quoi que ce soit, le déménageur s’enquiert des « droits ouverts »
3.- invariablement il fait un rapide tour des trucs à déménager, conseille d’en emporter un max (y compris des appareils pas aux normes électriques de la destination, ou des TV inutiles) et découvre que les droits ouverts sont insuffisants pour le stricte minimum indispensable
4.- mais tout aussi invariablement, et à titre commercial il se charge de faire rentrer les m3 supplémentaires dans la caisse.
5.- on le remercie chaleureusement de sa générosité
Mais cela est peu de chose quand on réfléchi au reste.
1.- Une fois désigné pour changer de résidence, un militaire n’aura plus qu’une seule idée en tête, son déménagement et la tonne de paperasse qu’il lui faut fournir à son bureau administratif.
2.- Une fois effectué le déménagement le même militaire n’aura plus qu’un seul impératif: se faire payer par le bureau qui va bien car il a fait des chèques consistants au déménageur
3.- Les bureaux administratifs de départ et d’arrivée ne vont faire que ça plus d’un mois avant et plus d’un mois après les déménagements.
Devant tant de temps perdu et d’arnaques évidentes, je proposais de responsabiliser le déménagé en lui octroyant une prime dont le calcul se ferait avec les seuls éléments familiaux (et d’ailleurs indépendante du grade). Charge à lui de choisir son déménageur et d’emporter ce que bon lui semble. Mais il peut très bien ne rien emporter car avec la moitié de ce que dépense pour lui son institution, il peut déjà largement s’équiper sur place (et aux normes locales).
Du coup plus aucune intervention des services administratifs ni avant ni après (la composition de la famille est sensée être connue).
Je n’ai pas franchement été surpris quand l’administration m’a répondu que les choses étaient très bien comme ça, que changer un iota serait catastrophique pour tout le monde et que les militaires avaient tout à y perdre. J’observe que le répondeur n’a même pas essayé d’être convaincant tant il n’en avait rien à faire d’économiser les sous du MINDEF tout en améliorant l’ordinaire de ses troupes.
« Circulez, ya rien à voir! »
J’ajouterai que ma bretonne, qui s’ennuyait ferme sous les cocotiers, trouva du travail dans une boîte de …déménagement. Certaines anecdotes permettent de comprendre que le militaire peut très bien obtenir des avantages en nature contre sa signature. Ainsi, un « rapatriable » avait mis dans sa liste de meubles à retourner sur la métropole un « réfrigérateur américain ». Ne le trouvant pas en faisant le tour d’estimation, le commercial chargé du cubage interroge le client qui lui répond: « il n’est pas encore là car c’est vous qui êtes chargé de l’acheter ».
Les commentaires sont fermés.